L’industrialisation de l’agriculture en RDC est-elle possible en 2012 ?

Le Ministre de l’Agriculture, Pêche et Elevage, Norbert Basengezi Katintina a placé l’agriculture sous le signe de l’industrialisation en 2012 et a fait le bilan de son secteur en 2011 lors de la rencontre qu’il a organisée avec les professionnels des médias à la fin de l’année 2011.  

Malgré la défectuosité et l’inexistence des routes de desserte agricole et le manque de transport pour l’évacuation des produits agricoles vers les centres de consommation, quelques réalisations ont été enregistrées dans le secteur agricole en RDC en 2011. Il a insisté seulement sur une croissance 7,2%, selon le rapport du PNUD et 11 300 000 d’hectares cultivées contre 8 millions sur  les 80 millions de terre arables dont dispose la RDC.

Aussi, le Ministère de l’Agriculture s’est impliqué dans le processus d’élaboration du code agricole au Parlement ;  la restructuration du mouvement paysan en RDC et le rapprochement avec des leaders paysans de la RDC qui a abouti à la création du Cadre de Concertation Nationale des Producteurs agricoles du Congo,  CNAPAC.

Au cours de cette année, d’autres problèmes ont été les épines dans les pieds du Ministère de l’Agriculture, il s’agit notamment : des conflits fonciers récurrents; l’expropriation des terres des paysans dans tout le pays , même dans les centres villes comme Kinshasa ; le maigre budget affecté au secteur agricole (moins de 1 %) ; L’absence de l’harmonisation entre les  lois minière, forestière et agricole ; L’absence des lois sur la semence, l’élevage, la pêche ; Les importations massives des produits alimentaires au détriment de la production locale, le manque de professionnalisme des producteurs agricoles…

En 2012, le Ministre de l’Agriculture affirme que tous les efforts seront focalisés plus sur l’industrialisation agricole en RDC avec comme première activité l’organisation d’un grand séminaire pour  canaliser et recadrer les choses face à certaines critiques formulées à ce propos. Certains observateurs soutiennent que le processus  d’industrialisation du secteur agricole ayant conduit à la distribution de  750 tracteurs puis de 1500 tracteurs, n’a pas été fait de manière raisonnable. Certains tracteurs ont été affectés  dans des provinces forestières ou des sites difficiles d’accès ; il y a eu des problèmes de manque pièces de rechange et de carburant ;  la gestion et la maintenance même de ces engins ; les prix de services ( 150,  180 dollars par hectare et par opération)  qui n’étaient pas toujours à la portée des paysans. Il y a aussi tout un débat sans terme sur la grande ou petite mécanisation qu’il faudrait pour le développement de l’agriculture en RDC.

Le Ministre entend  aussi  promouvoir en même temps l’agriculture familiale, l’agriculture type familial et l’agriculture industrielle. Des plantations restées longtemps en  état d’abandon seront remises en état en 2012. Près de 1798 plantations  sont concernées par cette opération et seront soumises à des souscripteurs qui devront les reprendre et les cultiver et même temps  créer d’autres plantations.

Il rassure aussi que la « Loi portant principes fondamentaux de l’agriculture » établira ainsi les mesures nécessaires d’octroi de ces plantations et en outre, va résoudre des épineux problèmes de la spoliation des terres agricoles auxquels sont toujours confrontés des paysans et agriculteurs congolais.

Norbert Basengezi  plaide pour l’utilisation des  engrais chimiques sans lesquels l’intensification agricole, l’élevage, le crédit rotatif, la pisciculture, la riziculture, la recherche agronomique…  sont nuls. Mais, où est-ce que les paysans vont trouver ces engrais et à quel prix ? Quel est le rôle que le Ministère de l’Agriculture  entend jouer dans l’acquisition et la distribution de ces engrais ? Est-ce que cela n’augmentera pas la dépendance des paysans vis-à-vis des producteurs des engrais ?

Il a appelé les journalistes à sensibiliser la population sur la politique agricole en concluant : « C’est l’agriculture qui a précédé les mines. Mais, ceux qui ont dirigé le pays après le colonisateur ont tué l’agriculture et tout le monde s’est retrouvé dans le secteur tertiaire ». « Qu’on libère des terres pour qu’on cultive ».

La Voix du paysan Congolais

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5 réponses à L’industrialisation de l’agriculture en RDC est-elle possible en 2012 ?

  1. LIMBA dit :

    L’industrialisation d’accord, mais il fallait commencer par la promotion du petit paysan. En outre, S.E. Mr. le Ministre semble ne pas donner beaucoup d’importance à la recherche agronomique sans laquelle l’agriculture restera primitive et l’objectif qu’il veut atteindre ne peut pas être atteint.
    Enfin, le Ministre doit plus songer aux cadres du domaine agricole (Ingénieurs agronomes de tous les niveaux et les agronomes etc) désireux de prendre leur retraite et s’installer quelque part, leur faciliter l’accès à la terre, le crédit agricole etc pour leur installation au lieu de donner aux hommes politiques. Merci

  2. Tundanonga dit :

    Il ne faut pas mettre la charrue avant le boeuf! Il faut d’abord construire davantage d’infrastructures (communication: transport routier, fluvial, lacustre et ferroviaire) dans le cadre du programme de 5 chantiers, qui s’étalent dans une période de 5 décennies et repenser une nouveau type d’économie transnationale, opposée à l’économie coloniale orientée vers l’exportation des produits agricoles.
    Il est trop tôt pour industrialiser l’agriculture, avant d’avoir défini quel type d’agriculture; une agriculture: facultative, incitative ou coercive? Après avoir défini le type d’agriculture, passer au changement de paradigme suivant: d’une agriculture coloniale (orinetée vers l’exportation de certains produits agricoles contrôlés par les multinationales comme Unilever à une agriculture orienté vers l’approvisionnement des besoins alimentaires nationaux.
    Ce thème est obsolète au stade actuel vu le nombre extrêmement élevé de chômage en milieu rural congolais (85-95%), alors que plus de 80% de la population congolaise vit les zones rurales. Il faut d’abord resorber ce chômage en créant des emplois dans le secteur agricole et dans les infrastructures rurales (entretien de routes et de desserts agricoles, moniteurs agricoles, menuiserie, forgerie, service de santé etc.) pour rendre le milieu rural attractif, et ainsi inciter les désoeuvrés urbains.
    On n’industrialise pas une agriculture sans intendance. C’est avec une expérience de 3-5 ans que l’on devient un bon tractoriste. Il faut former les tractoristes et les mécaniciens, construire les ateliers de reparations et les garages, prévoir le stockage des huiles et eaux usagées, construire de silos et de magasins, avoir de reserve des pièces de rechange d’au moins 3 ans, construire de reservoirs de carburants et de points de distribution, former les ingénieurs agricoles, les moniteurs agricoles et les chercheurs etc. (revoir le budget alloué à l’enseignement professionnel, à la recherche agricole, au développement rural: services de santé, enseignement, voirie etc., alphabetisation paysanne etc..
    Priorité aux produits vivriers. Mettre au point une stratégie pour (re)conquerir une place au seins des pays exportateurs des produits agricoles tropicaux (Brésil, Indonésie, Cote d’Ivoire, Vietnam, Cameroun etc.).
    Toute puissance militaire au monde, depuis la nuit des temps, est avant tout une puissance agricole: ce sont de pays, qui ont atteint l’autosufficance alimentaire. On est d’abord une puissance agricole, et ensuite une puissance militaire ou/économique : USA, Allemagne, Japon, Russie, Inde, Israel, Brésil, France etc.)
    Tundanonga

  3. Jonathan dit :

    2012 esili na yoki ata ecko momo te sur l evolution de l agricultur au congo Mawaaa ba promesse ya pambala pambalaa

  4. RUTH vagheni lusambo dit :

    j lue avec attention le projet qu’a notre ministre de l’agriculture. Bien avant qu’il puisse lancé ces projet dans le domaine de l’agriculture il devra d’abord pensé à résoudre le cause qui pousse à ce que il y ait pas un développement dans notre domaine de l’agriculture.
    L’exemple concret est celui dans notre milieu. À l’est de la république ou les femmes sont presque violé, tué e porté disparu si elles partent seul au champs. Comment voulons ns relevé le domaine de l’agriculture ds notre beau et cher pays si nous ne pensons pas d’abord à s’investir dans la paix?
    Le retour de la pays dans nos contrain exemple dans le territoire de lubero poura facilité tt genre de développement e surtout ds le domaine de l’agriculture. Par ce que ont ne peut pas construire des routes pour facilité les transport des marchandise et la communication de ville, des usines de transformations, les engins… Sans qu’il y ait la présence de la paix. Car tt peux être s’aboter par les mouvements rebelles régnant sur nos régions

  5. Ping : Relance de l’agriculture : des houes pour défricher les tracteurs ? | La voix du paysan congolais

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