Le financement agricole et la réhabilitation et la maintenance des infrastructures rurales, deux piliers du développement de l’agriculture du Bas Congo.

Sans la réhabilitation et la maintenance des infrastructures rurales, sans le financement agricole, le développement de l’agriculture dans la province du Bas Congo ne vaut pas un penny. Il restera un leurre. C’est pour cette raison que des paysans de cette province ont identifié des actions prioritaires à mener pour soutenir l’agriculture familiale. Ces actions se résument essentiellement sur les plaidoyers pour obtenir le financement agricole auprès des gouvernements central et provincial et pour la réhabilitation, le suivi, la maintenance des infrastructures rurales et les routes de desserte agricole. La cérémonie de clôture de cet atelier a connu la participation de quatre ministres provinciaux de l’agriculture, pêche et élevage ; de la Santé, Affaires sociales et Genre ; de la Justice et enfin des finances et Budget qui a représenté le Gouverneur de la province du Bas Congo.

Sur le plan national, ils ont décidé de mener un plaidoyer auprès du gouvernement central pour la mise en place du Fonds agricole prévu dans la nouvelle Loi agricole et la réhabilitation, le suivi et la maintenance des infrastructures rurales et les routes de desserte agricole. Au niveau provincial, ils vont mener des actions pour avoir l’accès au financement agricole, au crédit agricole, à la mécanisation agricole et pour la réhabilitation, le suivi et maintenance des routes de desserte agricole et la construction des ouvrages d’art. Ces actions prioritaires ont été retenues à l’issue de l’atelier du lancement de la troisième série des ateliers du projet : « Synergie et complémentarité », organisé dans le cadre  de l’Alliance AgriCongo du 23 au 25 Avril 2013 à l’Hôtel Formoza à Matadi sur le thème : « Le financement agricole et les infrastructures rurales ».

L’objectif général poursuivi dans cet atelier, a été d’encourager les paysans producteurs agricoles à la recherche des solutions durables relatives au financement agricole et aux Infrastructures rurales dans la province du Bas Congo.  Les participants ont réfléchi également sur la chaîne des valeurs et les filières, en insistant sur leur fonctionnement et leur importance  dans la croissance socio-économique. Ils ont analysé et échangé sur la problématique des Infrastructures rurales et du financement agricole en RDC, Identifié les défis de Financement Agricole et des Infrastructures et relevé les éléments du plaidoyer.

Ils ont partagé des expériences positives paysannes dans la traçabilité des activités développées dans le cas des filières manioc, riz, cacao, etc. et sur la réhabilitation des routes et ponts, les travaux de maraichages, les coopératives d’épargne et de crédit… Trois cultures devant faire partie des filières à mettre en place en tenant compte de la spécificité agricole de chaque territoire ont été sélectionnées. Il s’agit des  filières: Huile de palme, Manioc  et Riz

Cet atelier a commencé par l’évaluation des actions retenues par les paysans eux même lors des ateliers sur la Loi agricole et la Loi foncière, organisés 2012 dans les provinces ciblées par le projet "synergie et complémentarité" dont les acquis au niveau mental et comportemental constituent des pierres de la fondation du mouvement paysan congolais. Il s’agit notamment de l’éveil de la conscience de l’existence des Lois agricole et foncière et le travail en synergie ; la reconnaissance par les autres acteurs du développement  en tenant de plus en plus compte de l’existence du mouvement paysan à tous les niveaux et la prise de conscience des paysans qui  se spécialisent en filière.

La première leçon tirée de ces deux premières séries d’ateliers est que la FOPAKO doit s’impliquer dans la mise en œuvre des projets étatiques sur l’agriculture et les infrastructures agricoles, pour la révision de certains articles de la loi foncière et la loi agricole et aussi pour  la mise en place des fonds pour la promotion de l’agriculture.

Les participants ont aussi  pris l’option de poursuivre la structuration du mouvement paysan à tous les niveaux et de mettre en place des mécanismes pour pérenniser tous ces acquis et d’organiser des échanges d’information et des expériences.

La cérémonie de clôture de cet atelier a connu la participation de quatre ministres provinciaux de l’agriculture, pêche et élevage ; de la Santé, Affaires sociales et Genre ; de la Justice et enfin des finances et Budget qui a représenté le Gouverneur de la province du Bas Congo.

Voir les photos sur lien  https://www.facebook.com/ateliermatadi/

Avant, Madame Nzuzi Espérance, présidente de la FOPAKO a profité de la présence de différents ministres pour rappeler les problèmes dont les paysans du Bas Congo sont victimes en demandant leur implication pour que des solutions soient prises. Elle a cité les problèmes fonciers qui occupent 90 % de place dans les tribunaux, les spoliations des terres qui privent les paysans de leurs espaces vitales, le manque de jouissance des terres de paysans, les difficultés d’évacuation de leurs produits à cause de mauvais états des routes de desserte agricoles, le manque des intrants agricoles…

Le Ministre provincial de l’Agriculture qui a pris une part active aux travaux de cet atelier, a beaucoup insisté pour que les paysans puissent amener des propositions et non de demandes ou des états de lieux. Ils doivent être impliqués dans la planification dès maintenant au lieu d’attendre pour faire les plaidoyers. Il a appelé les organisations paysannes à mettre en place le mouvement local de développement.

Il a enfin exhorté les paysans à accéder aux marchés afin de lutter contre la pauvreté et ils doivent dépasser le niveau  de la sécurité alimentaire pour arriver à la souveraineté alimentaire, car dans tout ce qu’on présente sur la table, 70 % provient de l’extérieur. Des organisations paysannes doivent se constituer en mutuelle de santé, en coopératives de crédit et d’épargne au lieu que ces initiatives proviennent  des autres. Le Ministre a cité l’exemple du Sénégal où une organisation paysannes (FONGS) a acquis des parts dans une banque et siègent au conseil d’administration et de part leurs positions, ils canalisent beaucoup de moyens vers l’agriculture.

Le Ministre de la justice a souhaité qu’elle soit informée des conflits qui opposent les paysans avec les autres acteurs pour saisir les tribunaux pour qu’ils sachent que les autorités suivent ces dossier afin qu’ils disent les droits. Des actions de vulgarisation de la loi sont prévues dans le programme du gouvernement provincial pour réduire les tracasseries policières et administratives.

Quant à la Ministre de la santé, genre et affaires sociale, elle a insisté pour que les paysans puissent participer à la planification des actions qui concernent leur secteur avant de demander aux paysans de faire vacciner leurs enfants.

Enfin, la Ministre du Budget qui a clôturé les travaux au nom du gouverneur de la province, a invité les paysans à être compétitifs et agressifs en accédant aux marchés africain et international. Ils doivent savoir ce qu’ils veulent produire et soigner la qualité. Les populations congolaises doivent manger d’abord et les paysans producteurs agricoles doivent avoir l’ambition d’accéder aux marchés internationaux, a-t-elle conclu.

LVPC

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2 réponses à Le financement agricole et la réhabilitation et la maintenance des infrastructures rurales, deux piliers du développement de l’agriculture du Bas Congo.

  1. NKIRIYEHE NDAYUMUJINYA PASCAL dit :

    Je suis très contant de lire ce message trés important dont le gouvernement va financer les activités agricoles au Bas Congo et les infrastructres rurales.Aucun pays ne peut se developper sans développer les activités agricoles .Je remercie beaucoup le gouvernement d’avoir cette initiative d’appui à la population locale.

  2. Ray Tona-tona dit :

    Messieurs les organisateurs, bonne initiative, nous vous encourageons; Nous pensons qu’elle reviendra encore, ne fus que pour évaluer les "décisions" que vous venez de prendre. Une question cependant à vous : "Est ce que vous connaissez les CLER ( comité local entretien et de réhabilitation des voies de desserte agricole)?" Certains de vos prédécesseurs aux affaires avec l’appui des certains partenaires ont expérimentés la collaboration avec ces derniers et sont restés convaincus qu’ils peuvent être des partenaires utiles pour un développement harmonieux à la base et cela dans l’entretien et la réhabilitation des routes en terre. D’autres encore ont réhabilités des ouvrages d’art avec les CLER et le résultat était concluant. Pensez à ces structures car elles sont les acquis des politiques intégrées de développement dans l’entretien et la réhabilitation des routes initiées par vos prédécesseurs. L’organisation provinciale des CLER, la FEDECLER partage le bureau avec le FRER. Merci de nous lire et à vous de jouer.

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